Anje | Paris

Né à Saint-Denis dans le 93, Anje a toujours baigné dans la culture hip hop, rap et graffiti des années 90. Graffeur autodidacte, il monte une association en 2000 pour obtenir des murs autorisés, organise des ateliers, rencontre les graffeurs de la première heure et crée autour de lui une véritable communauté. Initiateur du graff végétal, il lance Les Ateliers du Graff en 2015 afin de promouvoir la culture graffiti. Il défend un mouvement authentique, animé par ceux qui ont démarré en mode vandal, qui se sont risqués à taguer les trains, les métros et les autoroutes, sans préparation, à l’instinct. Aujourd’hui, Anje travaille avec les précurseurs du graffiti, des artistes d’anthologie biberonnés aux bombes aérosols du Bronx : Cope2, Tkid, Sonic, Quick ou Seen pour ne citer qu’eux.

Dans Dédale, Anje exprime sa profonde incompréhension et son injustice. Celle que tout conducteur a connu dans sa vie. Ex-commercial, il a dû passer 60 à 70.000 km par an sur les routes de la région parisienne pendant 15 ans. “Paris, c’est l’épicentre des amendes. Pour peu que tu passes un peu de temps en voiture pour ton travail, tu deviens un vrai délinquant de la route”, raconte-t-il. Petits excès de vitesse, stationnements dépassés… Il ne se passe pas une semaine sans qu’il reçoive une amende. Quand il est venu en résidence à Dédale, il s’en est pris quatre ! Quatre stages de récupération de points, sept permis plus tard, Anje est toujours aussi remonté contre ce système qu’il considère être “un racket organisé”. “Les commerciaux itinérants sont comme des millions d’autres professions : si tu veux respecter tes engagements, honorer tes objectifs, tu es obligé d’être au taquet tout le temps. Résultat, tu te fais flasher.” Anje comptabilise pas moins de 30.000 € lâchés à l’Etat suite à ses milliers d’amendes. “Tu as beau être innocent, tu deviens un délinquant quand tu prends la route, ça devient un piège”, constate-t-il. Cette contradiction entre ses milliers d’amendes et cette innocence, il l’exprime à travers l’ange présent au centre de l’oeuvre. Un ange insouciant qui combat cette injustice.