Legz | Paris

Legz a découvert le graffiti à la fin des années 80, à la grande époque du hip-hop, en banlieue parisienne. Il a 14 ans quand il commence à peindre. En s’inscrivant dans la mouvance post-graffiti, il développe petit à petit ce qui deviendra son style : le spaghetti. Des lettrages compliqués, imbriqués, noués. Tout en rondeurs, comme des spaghettis. “C’est devenu une sorte de logo qui s’échappe des codes du graffiti pour aller vers l’abstraction”, remarque Legz. Un logo évolutif qui s’affranchit du lettrage. Legz définit son style dans des lieux abandonnés et des ruines, là où traditionnellement les graffeurs cherchent des rues et des terrains visibles. Cet “urbex writing”, ils sont encore très peu à le déployer. Legz utilise l’argent, le noir, le cuivre et l’or pour dessiner et donner du relief à ses spaghettis. Dans Dédale, il a oeuvré dans un couloir de 30 mètres de long au 1er étage. Il a passé plus de 15 jours à peaufiner ses murs, son “Red Rum”, en référence au film Shining de Stanley Kubrick. Comme dans l’hôtel désaffecté du film, Legz propose un tsunami de sang qui coule des murs. “C’est un lieu qui n’a pas d’âme, qui est lisse, je voulais une mise en abyme de ce labyrinthe”, raconte-t-il. “Un dédale dans Dédale”. Son couloir, plus qu’immersif, offre des sensations aux visiteurs. Ce motif répétitif, entêtant, envoûtant, presque oppressant, dont on a hâte de se délivrer à la sortie. “Chacun peut ressentir ce qu’il veut. C’est tout l’intérêt de l’art abstrait”, conclut-il.

IG : Legzone

FB : The Spaghettist

http://spaghettism.blogspot.com/