PakOne | Brest

“Sakura”

Pakone (lire Pak One) est un artiste généreux et curieux, acteur essentiel des cultures urbaines sur la région Bretagne et Basse Normandie depuis plus de 20 ans. A Brest, Pakone s’exerce au tag en 1988, une pratique qui l’amène rapidement au graffiti. Il intègre ensuite les Beaux arts de Cherbourg, avant de revenir à Brest en 1998. Membre du C29 depuis sa création en 1999 et du TSF crew, il multiplie les rencontres et les projets de fresques pour participer à l’embellissement des villes et à la promotion d’un art qu’il défend comme « un mouvement majeur de la culture urbaine ». Il défend le graffiti sans convention, et s’applique à peindre dans un style épuré, presque brut, qu’il s’agisse de décor, de personnage ou de lettrage. Il partage sur le mur sa conviction que « le graffiti est une forme d’expression de l’art contemporain, ouverte sur le monde et libre, nécessaire au bien vivre des citadins». Dans Dédale, Pakone a choisi de planter son “Sakura”. Une vision onirique et poétique où domine, au milieu de pétales en suspension, son cerisier aux couleurs rose bonbon. Une couleur qu’il aime associer au gris urbain, un contraste entre féminité et masculinité, un équilibre entre végétal et minéral. Ce “Sakura” est un peu le miroir éphémère de l’art urbain, voué à disparaître puis à renaître. Ici à Vannes pour la première fois, il a abordé son sujet en 3D, en créant une installation composée d’éléments de récupération, et de jeux d’anamorphose invitant le spectateur à entrer dans l’oeuvre. «Mon choix de mur s’est directement porté sur le mur le moins simple, celui avec des tuyaux, le radiateur et une fenêtre en plein milieu”, raconte-t-il. Un défi qui l’oblige à faire preuve d’imagination et d’ingéniosité et qui donnent plus de force à l’oeuvre. “La lumière naturelle, au travers de la fenêtre que j’ai redessinée permet d’appréhender ma pièce de différente manière selon l’heure de la journée. Elle donne vie à mon travail faisant parfois perdre le sens de ce qui est réel ete de ce qui est dessiné, laissant notre esprit s’évader, méditer.”

 

Il affectionne particulièrement les cerisiers du Japon, les Sakura, qu’il travaille depuis longtemps sur toile. Il réalise son premier mur avec cet arbre rose en 2012, lors de l’événement graffiti Crimes of Mind. Depuis, il en a réalisé à Bristol (UK), à Lyon, en Espagne, à Saint-Brieuc et désormais à Vannes. Son “cherry tree”, c’est un peu le miroir éphémère du street art. Il ne dure pas plus que quelques semaines comme une oeuvre réalisée en plein air. “Je me retrouve dans un état de zen méditatif quand je le crée”, dit l’artiste, aussi serein qu’un jardin zen nippon. Peut-être est-ce sa passion pour les arts martiaux ou pour le pays du soleil levant qui lui confère cette tranquillité ? Cet arbre en fleur et en volume, d’un rose barbe à papa, pour le côté enfantin, se découvre en trompe l’oeil. Installation en trois dimensions (c’est une première), il occupe tout l’espace et agrandit la pièce, éclairé par un halo lunaire. Dans sa prison de béton, on le dirait sorti d’un conte. D’ordinaire, un enfant est dessiné à côté, l’arrosant comme le haricot magique. Ici, c’est le spectateur l’élément humain qui lui donne vie.

IG : pakone.graffiti

FB : Pakone Graffiti Artist