RCF1 | Paris

Depuis plus de 30 ans, Jean Moderne, alias RCF1 (prononcez RCF One) graffe son nom sur les murs de Paris. Avec son petit « pictograffiti » en forme de fantôme, RCF1 compte parmi les pionniers du street-art en France. Dès les années 80, il commence ainsi à s’exprimer à la bombe, marquant les rues, les voies ferrées et les camions de tags, de throw-ups – des tags en forme de symbole, abréviation ou mot très court – et de graffs avant de développer dans les années 90 son logotype : le fantôme. Influencé par le graffiti de New York, RCF1 inscrit avec ses Fantômes son autorité sur la vague de picto-graffiti européen.

RCF1 a quitté récemment la capitale pour s’installer dans le Morbihan et en a profité pour occuper un box au level 1. A la fois plasticien, photographe, peintre et DJ de Soul Music, Jean Moderne a imaginé une pièce en noir et blanc où l’invisible côtoie le visible. Le sol est recouvert d’un damier, au centre trône une pyramide noir et blanche. « J’ai voulu cette installation comme un vortex d’ondes positives, une porte vers une autre dimension, entre ombre et lumière », explique-t-il. La veille de son arrivée à DéDalE, Jean Moderne a perdu un ami cher. Sa peine, si grande soit-elle, il l’a transformée en énergie pour créer une pièce singulière. « Cette pyramide doit ouvrir les esprits sur le connu et l’inconnu, le visible et l’invisible ». Derrière, son graff en freestyle se déploie comme un tourbillon autour du vortex. « J’ai voulu quelque chose de très magnétique. Créer une porte qui me rapprocherait de cet ami perdu ». Loin de verser dans l’ésotérisme, RCF1 invite les visiteurs à y trouver leur propre degré de lecture. « Je veux que les gens ressentent plus qu’ils comprennent », conclut-il.

IG : Jeanmoderne