ZAG | Morlaix

« RDP-G1-209H»

Spécialiste des anamorphoses, Zag s’invite seul au 1er étage de Dédale, dans cette pièce, petite et étroite. Zag a choisi la lumière noire et les lignes en peinture fluorescente, représentation de l’interface visuelle servant à la modélisation 3D. Symbole de la virtualité, il s’agit d’une véritable antiquité dans le monde de l’infographie, loin de l’hyperréalisme d’aujourd’hui. “Je suis reparti vers l’esthétisme du squelette”, raconte l’artiste. Ici, l’expérience immersive est perturbante, déstabilisante. Le visiteur semble perdre pied en raison d’une perspective déstructurée, avec ce point de fuite positionné au sol. Les lignes plongent en avant créant un univers bancal. A cela s’ajoute la représentation figurative de cette femme, à la fois fantasme intime et point de repère dans cette cellule. Ici, Zag raconte sa vie intime. L’artiste l’a créé comme un exutoire, une façon de se libérer du passé. En 1996, Georges Zannol a fui la France et sa famille afin de créer librement, pense-t-il, au Canada. D’expérience en expérience, l’artiste se cherche et ne se trouve pas. Le mal-être qu’il ressent est trop intense. En 2000, il commet une tentative de suicide en public en se faisant hara-kiri. A seulement 29 ans, il subit une opération à coeur ouvert qui marquera le début de sa renaissance. Alors étranger en situation irrégulière et aux vues de son acte, le Canada le considère comme dangereux et le place en prison, Centre de détention de Rivière-Des-Prairies… secteur Général 1… Cellule 209 Haut, c’est le titre de son oeuvre : RDP-G1-209H. C’est là, durant 10 mois, que Georges va se reconstruire et donner naissance à Zag. “Jusqu’alors je ne parvenais pas à trouver ma place, artistiquement, humainement, sentimentalement. J’avais une perception négative de la vie”, raconte-t-il aujourd’hui, guéri de ses démons. Durant cette vie en cellule, il peint, il lit et s’instruit. Ses personnages résonnent auprès de l’équipe qui l’entoure. Il commence à comprendre qu’il a quelque chose à apporter artistiquement. Qu’il existe. Cette mise en abyme dans son histoire intime, Zag la livre avec toute la pudeur et la sensibilité qui le caractérise.

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